Rassemblement citoyen du 19 octobre 2026

 

 

Déclaration des maires de France.

Les violences sans limite qui se sont déchaînées le 17 octobre à Limoges, avec l’incendie de la mairie, à Marseille, à Paris, à Bordeaux, à Lyon, à Grenoble, à Lille, à Nantes, à Calais, en Avignon et dans tant d’autres communes, ne sont pas des débordements de fin de manifestation.

Ces actes très graves ont été prémédités et leurs auteurs, qu’ils soient des ultra-politisés ou des casseurs, venus s’en prendre aux commerces, sont dangereux, organisés, armés et déterminés.

Maires, conseillers municipaux, agents du service public, nous nous engageons tous les jours pour faire vivre nos communes dans la paix et l’unité.

Nous sommes aujourd’hui écœurés et révoltés. Nous exprimons notre reconnaissance aux services de secours et aux forces de l’ordre.

Ils ont lutté sans relâche contre les groupes violents avec des moyens largement insuffisants, parfois au péril de leur propre sécurité.

Nous disons notre solidarité aux commerçants et aux habitants face aux actes de vandalisme ignobles et au pillage de leurs biens.

Nous les soutenons dans ces heures difficiles pour la reprise de leur activité. Nous disons notre solidarité à tous les maires et élus locaux qui ont dû faire face en première ligne à ces faits, ainsi que tous les agents communaux qui se sont mobilisés dès la nuit de samedi à dimanche pour réparer les dégâts.

Incendier une mairie, agresser ses agents, les menacer de mort comme à Limoges, sont des actes qui vont bien au-delà du symbole. C’est une attaque organisée contre ce que nous avons en commun de plus précieux : la paix civile et nos libertés publiques fondamentales.

Les violences du 17 octobre ont porté une atteinte grave à la liberté d’expression et à celle de manifester, que des manifestants ont souhaité exercer, eux, en respectant l’ordre public. Elles éclipsent les messages qu’ils ont souhaités porter. La condamnation absolue de ces actes, bien qu’indispensable, est loin de suffire à la paix civile. Chacun doit prendre ses responsabilités.

La responsabilité de l’exécutif est de garantir le retour à l’ordre public. Les événements du 17 octobre ont marqué l’échec de la doctrine d’emploi des forces de l’ordre et montré l’insuffisance criante de leurs moyens d’intervention. Il faut changer la doctrine d’intervention et leur donner réellement les moyens d’agir sur le terrain. Il est aussi indispensable que le travail des services de renseignement soit pleinement exploité afin de prévenir les infiltrations de cortège par des individus dangereux et de procéder aux interpellations en amont de la manifestation.

Le Premier ministre doit répondre aux demandes de rencontre qui lui ont été exprimées par les maires. La responsabilité de l’autorité judiciaire est de sanctionner les auteurs à la mesure de la gravité extrême de leurs actes. La responsabilité de toutes les forces publiques, sociales et syndicales est de condamner sans réserve ces agissements et de tout mettre en œuvre dans les prochaines semaines pour participer au nécessaire apaisement dont le pays a besoin.

Il est essentiel que la violence ne vienne plus empêcher l’expression d’aspirations sociales dans un pays en tension. La responsabilité des habitants et de ceux qui les ont élus est de se lever contre ces actes qui nous menacent tous, de dire stop. Nous devons mobiliser la force civile de notre pays, bien plus puissante que ceux qui sèment le chaos. Les maires y contribueront autant qu’il leur sera possible. Maintenant, place aux actes et au rétablissement de l’ordre républicain.

Merci de votre attention.